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  • JS Migot

JULIEN V-M., CHARGÉ DE PROJET



Julien virevolte dans son bureau, qu’il occupe depuis juillet 2019 : il répond au téléphone, fixe des rendez-vous, avant d’ajuster sa combinaison de travail pour filer sur le terrain. Qui peut croire que cet homme de 44 ans, père de cinq enfants, chargé de projet pour le raccordement de l’électricité chez Enedis a déjà traversé de si nombreuses vies ? Sa formidable vitalité, il la doit à « la résilience » et à un appétit de vivre hors du commun. « Je suis arrivé en 2013 comme réfugié politique après avoir été victime d’une tentative d’assassinat dans laquelle j’ai perdu l’usage du bras gauche. J’avais 37 ans, une famille, trois enfants, et une vie professionnelle de 15 ans en tant que commercial. J’ai du tout quitté du jour au lendemain... ».


C’est par le bénévolat que Julien se sauve de la dépression. « Je ne voulais pas m’isoler, rester seul à gamberger »

La chute est lourde et douloureuse… En France, c’est par le bénévolat que Julien se sauve de la dépression. « Je ne voulais pas m’isoler, rester seul à gamberger ». Pendant deux ans donc, c’est lui, l’exilé meurtri, qui va orienter les personnes reçues par une association qui prend en charge les plus démunis. Puis, quand sa situation « est régularisée » , il se tourne vers Emploi Développement, qui l’adresse à Humando pour une suite de parcours d’insertion prometteurs : « Sans eux, je ne serai pas celui que je suis aujourd’hui. Ils ont été au début de tout. De ma renaissance... ». C’était en 2017, quand, en même temps toute sa famille le rejoint enfin. « Je suis très impressionné par les valeurs exceptionnelles des personnes qui m’ont pris en charge là-bas. Elles ont transcendé mes forces ! Mon handicap ? Aujourd’hui c’est ma force : je suis plus compétitif ! »